Artiste du campus

Quand l’art et l’anthropologie se rencontrent

// Par : Christine Rousseau

« Les photos ont été imprimées sur du papier de riz du Népal. Je viens juste de les recevoir il y a une semaine, ça donne des couleurs plus douces, un peu dans le style de la photo argentique », explique Rachel Bussières. Son exposition regroupera plus d’une vingtaine de photographies prises dans le petit village de Skindiyang, « un village dans le ciel », comme le présente l’étudiante, situé dans la région du Ladakh, à l’extrémité nord de l’Inde.

Si le projet d’exposition trottait dans la tête de Rachel Bussières au moment de son départ, elle est partie avant tout dans le but de réaliser un projet de photojournalisme. La jeune femme a d’ailleurs travaillé en collaboration avec différents organismes sur place, notamment dans le but d’explorer des problématiques comme celle des femmes tibétaines et celle des effets de la mondialisation sur la population de la région du Ladakh. « Je souhaitais explorer à fond le photojournalisme et j’ai rencontré plusieurs photographes sur place. J’ai fait des entrevues avec les gens, j’ai parlé avec les personnes que j’ai pris en photo », mentionne-t-elle.

Concernant son expérience à Skindiyang, où elle s’est rendue dans le but d’observer et de documenter les transformations du mode de vie traditionnel des habitants du village depuis l’ouverture de la région aux touristes, Rachel Bussières admet avoir été touchée par la simplicité et l’authenticité des personnes rencontrées. « Les gens étaient vraiment chaleureux. Ils ne semblaient pas importunés du tout par le fait que je sois là. Les gens prennent le temps de vivre, ils boivent du thé toute la journée. Il y a vraiment une tranquilité d’esprit chez eux », indique-t-elle. Parlant de son expérience, Rachel Bussières ajoute : « Ma démarche est devenue plus poétique, plus sensible, une sorte d’éloge de l’humain. J’ai voulu traduire l’expérience que j’ai eu avec eux. »

Bien qu’elle admette avoir été inspirée par la photo humaniste, un peu à la manière d’Henri Cartier-Bresson – souvent considéré comme le père du photojournalisme –, Rachel Bussières, qui a d’abord étudié en art avant d’arriver à l’anthropologie, est consciente de l’influence de son regard anthropologique sur son travail. « Ça vient enrichir mon regard. C’est à travers l’anthropologie visuelle que j’ai découvert mon médium [la photographie]. Je m’intéresse à ce qu’est l’image et au rapport à l’image. Comment entrer en contact avec l’autre ? Comment représenter l’autre à travers l’image  ? Cette problématique-là est la même pour l’anthropologue et pour le caméraman ou le photographe », avance-t-elle.

Alors qu’elle repart en Inde cet hiver, cette fois pour y effectuer un stage anthropologique sur la perception et la place accordée au dalaï-lama à travers les représentations et les icônes, l’étudiante compte bien poursuivre la photo. En plus de souhaiter s’aventurer du côté de l’argentique, elle espère pouvoir diffuser son travail en dehors du campus. Elle a d’ailleurs déjà approché quelques galeries de Québec. Il est donc possible que son exposition soit de nouveau visible au printemps.


Pour l’instant, l’exposition de Rachel Bussières sera présentée le 15 octobre prochain. Si l’on pourra observer ses photographies durant toute la journée, l’étudiante sera quant à elle sur place pour rencontrer les gens lors du 5 à 7 organisé pour l’occasion.


Commentaire écrit le 30.10.09 @ 06.27.31 / Par hbpmukwtht

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Commentaire écrit le 06.10.09 @ 05.52.00 / Par Flodjian

Je suis très touché de voir cet engouement pour le dialogue entre les arts visuels et les sciences sociales. Il y a quelques années encore, je me heurtais à des critiques lorsque je défendais cette pratique à l'université. J'espère que les choses vont continuer dans le sens de l'ouverture, c'est une très bonne manière de rendre les recherches anthropologiques plus accessibles. Anthropologie visuelle en Amazonie brésilienne : http://xpath.canalblog.com/ Bravo rachel,

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